Revue d’ODF – N°60-2 : VARIA

Ce numéro de la Revue d’ODF propose une exploration riche et multidimensionnelle des évolutions contemporaines en orthodontie et en orthopédie dento-faciale. À travers une sélection d’articles originaux, de revues de la littérature et de cas cliniques, les auteurs réunis ici interrogent les fondements biologiques, les innovations technologiques et les approches thérapeutiques actuelles, dans une perspective résolument pluridisciplinaire

Sommaire

 

      Dans ce numéro de la Revue d’ODF :

Importance de l’os palatin dans le développement de la respiration et de la perméabilité des voies aériennes supérieures.
Implications cliniques.  Les recommandations de bonne pratique en vue de l’insertion des minivis orthodontiques au niveau de la crête infra-zygomatique

2026 2 133

Raúl Beltrán-García1, Philippe Brousseau, Marie-Odile Fessenmeyer, Laurence Vilaine , Maribel Miguel-Pérez

Contexte : Les rapports anatomiques de l’os palatin et de la suture maxillo-palatine latérale (SMPL) au niveau du rhinopharynx peuvent être mis en relation avec la perméabilité des voies aériennes supérieures. Objectifs : démontrer les liens de l’os palatin avec les différents éléments musculaires et faciaux afin de comprendre si ces relations peuvent influencer la respiration et la croissance du complexe cervico-cranio-facial. La connaissance exhaustive de cette zone anatomique pourrait contribuer au développement de techniques manuelles au niveau de l’os palatin et des structures adjacentes, pour accompagner l’expansion maxillaire dans les déficiences maxillaires transversales. Méthodes : 10 têtes et cous provenant de 10 cadavres humains cryo-formolés (5 femmes, 5 hommes) ont été disséqués bilatéralement. 4 dissections ont été effectuées dans le plan horizontal, 4 dans le plan sagittal et 2 dans le plan frontal. Les schémas du concept de croissance cervico-cranio-faciale du professeur Jean Delaire ont été utilisés en ce qui concerne les éléments de la croissance transversale et sagittale du maxillaire, mais aussi les relations de la langue avec le palais mou et le rachis cervical. Résultats : Il s’est avéré que les schémas du concept de croissance cervico-cranio-faciale du Pr Jean Delaire correspondaient à la réalité anatomique, et qu’il existait d’importantes corrélations entre la formation du rhinopharynx et de l’oropharynx. Conclusion : la
croissance du rhinopharynx est dépendante de l’action des structures musculo-aponévrotiques de l’oropharynx. La SMPL et l’os palatin participent à la croissance transversale du rhinopharynx, qui pourrait avoir une grande capacité d’adaptation et influencer la taille et la fonction de l’oropharynx. Ces faits nous amènent à penser l’action que pourraient produire les techniques manuelles sur le bébé, l’enfant en croissance et l’adulte.

Désaligner les dents pour mieux les restaurer. Effet de la photobiomodulation sur la stabilité des minivis orthodontiques :
revue systématique de la littérature 2019-2024

2026 2 147

Christine Muller

L’usure des dents antérieures s’accompagne souvent d’une égression compensatrice permettant le maintien de l’occlusion malgré la perte de substance coronaire. Les approches restauratrices conventionnelles, centrées sur l’addition de matériaux ou l’allongement coronaire chirurgical, peuvent être invasives et négliger ces adaptations biologiques. Cet article propose une stratégie intégrant un temps orthodontique préalable d’ingression des dents égressées afin de corriger les compensations verticales et de créer un espace prothétique antérieur. Deux cas cliniques illustrent l’intérêt de cette approche multidisciplinaire, permettant des restaurations adhésives conservatrices et une amélioration esthétique et fonctionnelle, tout en respectant les principes actuels de dentisterie minimalement invasive.

Intérêt médical des traitements orthopédiques dento-faciaux : une revue de la littératureLes dispositifs d’ancrage temporaires (DAT) – La révolution continue en matière d’ancrage orthodontique

2026 2 159

Laetitia Camus , Yannis Belloeil, Jean-Baptiste Kerbrat, Thomas Schouman

Si les effets bénéfiques des traitements orthopédiques sur les plans squelettique et dentaire ont été largement décrits dans la littérature, leurs effets indirects sur la santé générale n’ont jamais été regroupés ni analysés de manière exhaustive. Cette revue de la littérature a pour objectif d’évaluer l’impact des traitements orthopédiques sur la santé générale des enfants afin de déterminer si, selon la dysmorphie, des arguments médicaux peuvent justifier une prise en charge orthopédique. Une recherche électronique utilisant des mots-clés MeSH relatifs aux traitements orthopédiques et à la santé générale a été menée, portant sur des études publiées entre 2009 et 2024 chez des enfants âgés de 2 à 12 ans.
Au total, 228 articles ont été examinés pour leur éligibilité, dont 47 ont été jugés  pertinents et inclus. Les données disponibles mettent en évidence plusieurs catégories d’effets des traitements orthopédiques sur la santé générale, notamment des impacts au niveau fonctionnel, musculo-postural, psychologique et comportemental. Les bénéfices observés sont principalement liés à une amélioration de la ventilation, en particulier grâce à l’expansion maxillaire rapide (EMR), qui les voies aériennes supérieures et optimise l a fonction ventilatoire. Si les effets de la correction orthopédique du sens transversal sont largement documentés, ceux visant la correction sagittale sont moins étudiés et leur impact sur la santé générale reste incertain, justifiant des recherches complémentaires. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une approche pluridisciplinaire intégrant différents spécialistes afin d’optimiser les stratégies thérapeutiques, d’améliorer les résultats cliniques et de renforcer le bien-être des patients.

Prise en charge orthodontico-chirurgicale des asymétries faciales par chirurgie guidée assistée par ordinateur Ancrage vissé postérieur mandibulaire : technique synthétique

2026 2 185

Jean Thomas Bachelet, Samantha Buchholzer, Christian Demange

Les asymétries faciales représentent un défi majeur en orthodontie et en chirurgie maxillo-faciale, en raison de leurs répercussions fonctionnelles, esthétiques et psychologiques. Leur prise en charge nécessite une collaboration étroite entre l’orthodontiste et le chirurgien maxillo-facial, avec une planification rigoureuse et individualisée. L’ avènement de la planification chirurgicale assistée par ordinateur (PSI) et de la chirurgie guidée sur mesure offre de nouvelles perspectives dans la correction des déséquilibres squelettiques. Cette étude rétrospective porte sur dix patients présentant des asymétries faciales traités par protocole orthodontico-chirurgical combinant planification numérique et chirurgie guidée. Après préparation orthodontique par multi-attaches ou aligneurs, une fusion des fichiers DICOM et STL a permis d’établir une planification 3D précise, optimisant les objectifs fonctionnels et esthétiques. Les résultats montrent une moyenne d’écart de 0,79 mm au maxillaire et 1,32 mm à la mandibule entre la planification et le résultat postopératoire à un an, confirmant la précision de l’approche PSI.Les avantages incluent une meilleure anticipation des interférences osseuses, la protection des structures anatomiques sensibles, et une réduction des ajustements peropératoires. Cependant, certaines limites ont été identifiées, notamment une précision légèrement inférieure au niveau mandibulaire et une rigidité limitant les adaptations peropératoires. Cette approche, bien que consommatrice en temps et en ressources, s’avère particulièrement pertinente pour les asymétries faciales marquées. Ces résultats soutiennent l’intérêt croissant de la planification assistée par ordinateur en chirurgie orthognathique et ouvrent des perspectives d’amélioration par l’intégration de technologies comme la réalité augmentée ou le développement de nouveaux matériaux pour les guides chirurgicaux.

Comparaison des effets du Leaf Expander
et d’un système de disjonction rapide conventionnel (type Hyrax) chez les sujets en croissance : revue de la littérature Distalisation de l’arcade mandibulaire grâce aux minivis avec potence dans les trigones
rétro-molaires : mise en oeuvre et applications cliniques

2026 2 195

Marc-Antoine Chevrollier, Florence Barbier, Juliette Darne Reure, Damaris Holostencu

Le déficit maxillaire transversal (DMT) est une anomalie fréquente associée à des troubles fonctionnels. Dans le cas de DMT d’origine squelettique, chez l’enfant et l’adolescent, le traitement orthopédique repose sur une disjonction maxillaire avec ouverture de la suture médio-palatine. Le dispositif historique de disjonction rapide est le Hyrax, dont la vis d’expansion exerce des forces importantes lors d’activations successives. Plus récemment, le Leaf Expander a été proposé comme alternative. Dans ce dispositif, l’écartement est obtenu par la compression d’un ressort en nickel-titane, qui délivre une force constante, calibrée et moins intense. Ces deux dispositifs présentent des caractéristiques distinctes en termes de cinétique d’expansion, de tolérance et d’effets secondaires. Cette revue de la littérature vise
à comparer leurs effets cliniques et biologiques afin d’éclairer le choix thérapeutique selon le profil des patients.
Méthodes : nous avons sélectionné des études comparant les effets induits par l’expansion palatine obtenue à l’aide d’un appareil de type Hyrax et du Leaf Expander. Résultats : au total, 27 références ont été évaluées pour leur éligibilité, parmi lesquelles 8 ont été exclues après lecture approfondie. Ainsi, 19 études ont été retenues et incluses dans l’analyse qualitative. Conclusion : le Hyrax et le Leaf Expander présentent des effets distincts sur les structures crânio-faciales. Le Hyrax génère une expansion squelettique rapide, mais peut entraîner une gêne et nécessite une coopération active du patient et de son entourage. Le Leaf Expander, en revanche, offre une expansion progressive, mieux tolérée par les jeunes patients. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une approche thérapeutique individualisée. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer la stabilité à long terme de ces dispositifs.

La contention en PEEK :
innovation ou révolution ?

2026 2 217

Valentin Robert, Paul Boury, Camille Philip-Alliez

: le polyéther-éther-cétone (PEEK) est un polymère thermoplastique semi-cristallin aux propriétés mécaniques remarquables, initialement utilisé dans l’industrie puis adopté en médecine pour sa biocompatibilité. Son usage en odontologie, notamment en implantologie, s’est récemment étendu à l’orthodontie. La contention, phase finale des traitements orthodontiques, vise à maintenir les résultats obtenus, mais aucun consensus ne permet actuellement de définir le matériau de contention idéal. Le développement de la CFAO a permis l’émergence de nouveaux matériaux, dont le PEEK, encore peu étudié en orthodontie. Matériel et Méthodes : Une revue de la littérature a été réalisée afin d’évaluer
les propriétés du PEEK et d’explorer son potentiel en tant que matériau de contention orthodontique. Les publications analysées ont porté sur ses caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et ses premières applications cliniques en odontologie et en orthodontie. Résultats : le PEEK présente une série de propriétés favorables : résistance mécanique, biocompatibilité, stabilité thermique et chimique, résistance à la corrosion, faible densité, radio-clarté, et faible affinité pour la plaque. Son module d’élasticité de 3,8 GPa le rend plus souple que la dentine et l’émail, mais suffisamment rigide pour des applications cliniques, et il peut être renforcé pour atteindre 12 GPa. Sa biocompatibilité et sa fabrication sur mesure en CFAO en font un matériau prometteur pour les patients allergiques ou préférant une solution sans métal. Des rapports de cas suggèrent que l’épaisseur optimale pour une contention est de 0,8 mm, assurant un bon compromis entre confort, résistance et mobilité dentaire physiologique. Conclusion : le PEEK apparaît comme une alternative crédible aux matériaux métalliques dans la réalisation de contentions orthodontiques
fixes individualisées. Cependant, malgré des caractéristiques mécaniques et biologiques prometteuses, les preuves cliniques restent insuffisantes. Cette revue souligne la nécessité de recherches cliniques rigoureuses à long terme pour valider son efficacité et sa durabilité, tout en ouvrant la voie à des innovations dans les matériaux de contention et les pratiques orthodontiques futures.

Contrôle de l’ancrage par mini-vis dans la correction des malocclusions de classe III : à propos d’un cas  Expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif : principes biomécaniques et applications cliniques des systèmes Micro 2 et Micro 4

2026 2 225

Meriem Bellamine, Mohammed El Mehdi Echchadi

Cet article décrit le traitement orthodontique par recul en masse sur mini-vis chez un patient adulte présentant une malocclusion de classe III. La décision de traiter par ancrage endo-osseux versus la technique conventionnelle usuelle, était justifiée par les antécédents d’extraction des 35 et 45 et ce pour des raisons endodontiques, générant une situation où le contrôle de l’ancrage se devait d’être optimal.
L’ objectif thérapeutique escompté était l’amélioration du rapport labial par repositionnement de l’incisive
mandibulaire.
À cet effet, deux mini-vis d’ancrage tête-bracket ont été positionnées dans l’espace inter-dentaire, entre les première et deuxième molaires mandibulaires. La configuration des rapports entre les différents éléments de la vis a permis un meilleur contrôle de l’irritation gingivale au cours du traitement. Des ressorts de rétraction en Nickel Titane délivrant une force de 150 g ont été utilisés en vue du recul en masse à l’arcade mandibulaire. Une rétraction couronnée de succès fut obtenue. L’ esthétique faciale s’est améliorée, les relations inter-arcades furent corrigées. La période totale du traitement était de 18 mois.

Revue de Presse

Françoise Kalifa et Hélène Desnoës

SQODF

Lu pour vous

Alain Béry

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