Revue d’ODF – N°60-1 : Ancrage osseux: Rigueur – Créativité – Perspectives

Sommaire

Dans ce numéro de la Revue d’ODF :

Les recommandations de bonne pratique en vue de l’insertion des minivis orthodontiques au niveau de la crête infra-zygomatique

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Yamen Labidi, Wiem Ben Amor et Jemmali Adel Ben Amor

L’objectif de cet article est de présenter un protocole d’étude radiologique en vue de planifier la pose directe des minivis d’ancrage au niveau de la crête infra-zygomatique. Matériels et méthodes : passer en revue les études qui présentent des recommandations et des protocoles d’insertion des minivis au niveau de la crête infra-zygomatique. Faire la synthèse de ces études et présenter une méthode de planification radiologique avec des Cônes Beam. L’intérêt de cette méthode est : 1- localiser le site de forage. 2- mesurer la quantité d’os. 3-définir l’angle d’insertion. 4- sélectionner la minivis adéquate. Conclusion : l’examen Cône Beam est indispensable pour planifier la pose des minivis d’ancrage au niveau de la crête infra-zygomatique. Notre protocole d’étude radiologique permet de rendre compte avec précision du volume osseux disponible pour une implantation sous-sinusale et établir ainsi une stratégie de pose avec plus de stabilité et de sécurité.

Effet de la photobiomodulation sur la stabilité des minivis orthodontiques : revue systématique de la littérature 2019-2024

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Violette Gougis et Frank Pourrat

Évaluer l’effet de la photobiomodulation (PBM) sur la stabilité des minivis orthodontiques par une revue systématique de la littérature récente. Matériel et méthodes : une recherche systématique a été effectuée dans PubMed, Google Scholar et Cochrane Library pour les publications entre janvier 2019 et mars 2024. Les critères d’inclusion comprenaient les revues systématiques, méta-analyses et essais cliniques contrôlés évaluant l’effet de la PBM sur la stabilité des minivis orthodontiques avec mesures objectives (ISQ, torque, taux de survie). La qualité méthodologique a été évaluée avec les outils Cochrane RoB 2.0 (risk of biais)et AMSTAR-2 (Assessing the Methodoligal Quality of Systematic). Résultats : sur 100 articles identifiés après déduplication, 12 ont été inclus dans la synthèse qualitative : deux revues systématiques, cinq méta-analyses et cinq essais cliniques (159 minivis au total). L’évaluation de qualité a révélé un risque de biais faible pour 40% des essais cliniques et une confiance modérée pour 60 % des méta-analyses. Huit études (67 %) rapportent un effet positif de la PBM sur la stabilité secondaire (30-60 jours post-insertion), trois études (25 %) des résultats non-concluants, et une étude (8 %) aucun effet. L’hétérogénéité des protocoles laser était substantielle : longueurs d’onde 635-980 nm, durées d’exposition 10-120 s, et fréquences d’application 1-14 séances. Conclusion : les données actuelles suggèrent un effet potentiellement bénéfique de la PBM sur la stabilité secondaire des minivis orthodontiques, mais l’hétérogénéité substantielle des protocoles et la présence d’études contradictoires empêchent l’établissement de recommandations cliniques définitives. Des essais contrôlés randomisés multi-centriques avec protocoles PBM standardisés sont nécessaires avant application clinique routinière.

Les dispositifs d’ancrage temporaires (DAT) – La révolution continue en matière d’ancrage orthodontique

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Victor Ghoubril et Joseph Ghoubril

Les dispositifs d’ancrage temporaire (DAT), notamment les minivis orthodontiques, représentent une avancée majeure dans le domaine de l’orthodontie contemporaine. Offrant un ancrage squelettique indépendant de la dentition, ils permettent d’effectuer des mouvements dentaires complexes avec une grande précision, et ce sans dépendre de la coopération du patient. Matériels et méthodes : cet article passe en revue les types d’ancrage utilisés avant l’apparition des DAT, les différentes catégories de minivis, leurs indications cliniques, la technique de pose, les facteurs influençant leur succès ainsi que les complications éventuelles. Résultats : trois cas cliniques sont présentés pour montrer l’efficacité de l’utilisation de minivis comme ancrage dans différentes situations. Discussion : mise en évidence des limites actuelles et des perspectives d’évolution, notamment grâce à l’intégration des technologies 3D, des gabarits chirurgicaux personnalisés et des matériaux innovants.

Ancrage vissé postérieur mandibulaire : technique synthétique

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Sébastien Nicolas, Guillaume Joseph et Pierre Olivi

Le recul des dents mandibulaires grâce aux ancrages vissés temporaires est une technique qui trouve de nombreuses indications en orthodontie. Son efficacité largement décrite ne semble pourtant pas être devenue systématique en pratique courante. Après avoir testé cliniquement et évalué la majorité des techniques actuellement décrites nous proposerons une technique dite « synthétique » visant à garder le meilleur de chacune pour permettre une utilisation rationnelle et efficace. L’association d’une microvis enfouie en ancrage et de fil d’ostéosynthèse comme potence de liaison semble répondre au mieux à nos objectifs comme nous l’exposerons dans 3 situations cliniques. Notre taux de succès est actuellement de 100 % sur un premier échantillon (31 ancrages) qui devra être augmenté.

Distalisation de l’arcade mandibulaire grâce aux minivis avec potence dans les trigones rétro-molaires : mise en oeuvre et applications cliniques

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Maud Sadaka, Léon Pariente et Adrien Marinetti

Après expérimentation depuis 2007, nous validons et consolidons notre protocole de distalisation de l’arcade mandibulaire avec prise d’ancrage sur minivis enfouies dans les trigones rétro-molaires. L’objectif de cet article est tout d’abord de présenter la pose de minivis dans le trigone rétro-molaire associée à l’extraction de la troisième molaire puis d’illustrer les indications de la distalisation de l’arcade mandibulaire par trois situations cliniques. Matériel et méthodes : le protocole est basé sur la pose de minivis enfouies, de 6 mm de longueur, avec potence. Seront ensuite développées les étapes de distalisation de l’arcade mandibulaire permettant la décompensation pré-chirurgicale de classes II squelettiques ou la correction orthodontique d’une classe III dentaire. Résultats : nous obtenons une classe I dentaire et un repositionnement incisif adéquat dans chacun des cas présentés. Conclusion : les minivis, innovation phare des trente dernières années, nous permettent, grâce à la collaboration entre orthodontiste et chirurgien oral, de tendre vers une occlusion idéale.

Recul molaire avec ancrage mini-implantaire : indications et protocoles biomécaniques

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Caroline Cazenave et Chahrazed Belaili

L’ancrage squelettique nous a offert de pouvoir contrôler les secteurs latéraux tant verticalement que sagittalement. Alors que nos thérapeutiques orthodontiques se résumaient souvent comme l’exprimait Jean Darqué à « adapter la portion antérieure de l’arcade à une problématique postérieure souvent subie », nos objectifs tout comme la gestion de nos phases thérapeutiques ont été profondément bouleversés par l’ancrage squelettique. La gestion de l’espace a été modifiée de manière déterminante, tant dans les déplacements intra-arcade qu’inter-arcade. Le contrôle des mécaniques sagittales permet aujourd’hui de diminuer les besoins d’extraction. Pour autant, les effets verticaux aujourd’hui bien connus doivent désormais être pris en compte, l’ancrage squelettique demande en effet d’être compris dans ses répercussions verticales, l’incidence de la durée d’application de la force, ses conséquences sur l’orientation du plan d’occlusion ou encore l’équilibre de tout le complexe architectural maxillo-facial chez le patient en croissance.

Expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif : principes biomécaniques et applications cliniques des systèmes Micro 2 et Micro 4

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Emmanuel Garnier et Camille Lambert

Décrire les bases anatomiques, biologiques et biomécaniques des expanseurs palatins squelettiques Micro 2 et Micro 4 développés par le Dr. Heinz Winsauer, présenter le protocole clinique FCPC (Force-Controlled Polycyclic Expansion) et illustrer leurs applications à travers une série de cas cliniques. Matériel et méthodes : quatre cas cliniques sont présentés, incluant deux adultes (26 et 28 ans), un enfant (9,5 ans) et un adolescent (14 ans), traités par expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif. Le protocole FCPC a été appliqué avec des activations contrôlées et alternées. Résultats : les dispositifs Micro 2 et Micro 4 ont permis une expansion squelettique efficace avec correction des articulés inversés, amélioration fonctionnelle (respiration, ronflements) et stabilité à moyen terme. Les effets dento-alvéolaires indésirables ont été minimisés grâce à l’ancrage squelettique pur. Conclusion : l’expansion maxillaire squelettique à ancrage palatin exclusif représente une alternative fiable aux approches chirurgicales chez l’adulte et constitue une option interceptive pertinente chez l’enfant, à condition de respecter un protocole d’activation biologiquement compatible.

Revue de Presse

Françoise Kalifa et Hélène Desnoës

SQODF

Lu pour vous

Alain Béry

SQODF

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